La Taritate: foulard oublié!!

La Taritate: qui se souvenaient de l'existence de ce type de tissage?!

Les femmes des Beni Ouarain portaient une bande de tête ornée de dessins géométriques en coton qui apparaissent en réserve sur un tissu en laine teint en marron foncé.
En parlant des Ait Ouarain, on pense inévitablement à leur belles réalisations artistiques sur des tissages batikés. La 'Taritat', cette sorte de foulard dont les femmes se couvraient la tête, à l'époque, témoigne d'un goût au même temps raffiné, simple et ancien qui est resté attaché dans ses nuances à la couleur marron-foncé, couleur de la terre des Beni Ouarain. Il est étonnant que malgré que les berbères des montagnes demeurent toujours en butte aux changements modernes qui affectent leur mode de vie, les femmes ont su et pu conserver ces tissus pour plus d'un siècle. Il ne faut pas s'étonner, non plus, que même les femmes des environs de soixante ans ne se rappellent même pas de la dénomination de ce voile de tête.

Rare même sont celles qui se souvenaient de l'existence de ce type de tissage. Seules celles qui ont pu le conserver jusqu'aux derniers temps puissent garder les renseignements qui l'entourent. Selon des renseignements parvenus de chez les femmes des Beni Ouarain, aucun foulard ne fut confectionné, sans doute, après le protectorat. Il s'agit d'une étoffe confectionnée sur le métier habituel. Elle sort entièrement en laine écrue et ne comporte aucun dessin, à l'exception faite, parfois, de quelques listels transversaux, vers les extrémités tramés de coton blanc. C'est un tissu toile assez fin, qui se soumet aux opérations de la teinture à la réserve : la pièce reçoit une première teinture légère en rouge-jaune de henné et de garance. Elle est ensuite garnie souvent de cinq grands nouets qui font cinq poches distants les unes des autres de 10 à 15 centimètres. Ces dernières sont rassemblées en un grand nouet qui serait trempé dans un bain de teinture obtenu en faisant bouillir des feuilles de noisettes, la cendre, la suie de la fumée et une sorte de terre noire dans l'eau. La partie inférieure opposée au grand nouet serait également trempé de la même façon. Seule la partie qui les sépare et qui est serrée par un fil serait impérmiable au noir. Après séchage et dénouage des cordonnets, la pièce se voit comme des sortes de cercles et de demi cercles noirs distants les uns des autres par des distances jaunes. Au moyen d'une plume de coq, les parties jaunes seraient garnies de dessins à la couleur foncée d'un jaune brun de henné, la pièce, définitivement préparée, se porte par la femme mariée et se serrait par le bandeau déjà signalé.

 

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